• Chapitre 3 : Un étrange cauchemar

    Je ne sais plus quoi faire. Et pour couronner le tout, je n'ai plus de force. Mon plat m'a complètement et désorientée, et épuisée. Je n'ai plus envie de lutter contre le sadique. De toute façon, il va venir me récupérer, me séquestrer, me violer. Et me tuer. Sinon pourquoi se serait-il amuser avec moi ? Je vais donc disparaître ici, sans dire à ma famille que, malgré les problèmes que je leur ai apportés, je les aime. Je ne pourrais jamais expliquer à ma sœur que, malgré toutes nos différences, elle comptait beaucoup pour moi. Et que c'était pour elle que je suis devenue ce que je suis.

    Je l'entends qui s'approche. Il a arrêté de rire. À la place, il sifflote. Je n'ai même pas la force de lever la tête vers la direction du sifflotement. Que pourrais-je bien faire, à part imaginer le pire des scénarios possible ? Tout se bouscule dans ma tête. Regrets, remords, honte. Ce sont les seules choses qui s'imposent à mon esprit. J'ai honte de partir comme ça, moi qui suis une rebelle. Je regrette de ne pas avoir vécu l'amour, le vrai.

    « Alors, comme ça, on aime jouer tard le soir, petite fille. »

    Le sadique est à côté de moi. Il est même penché au dessus de moi. Il fait si sombre que je n'arrive même pas à le voir. Tout ce que je peux distinguer, c’est sa silhouette. Pourtant, la lune éclaire plutôt fortement ce soir. Je voudrais lui répondre quelque chose, mais les forces qui servent à animer mes lèvres décident de m'abandonner à leur tour. Je suis sans défense désormais. À sa merci.

    On dit qu'à l'approche de votre mort, vous voyez votre vie défiler devant vos yeux. Sauf que à cet instant précis, ma vie ne défile pas vraiment devant mes yeux. Rien ne défile vraiment dans ma tête. J'ai l'esprit vide. Je me sens tellement bien. Si bien que j'en oublie ma situation critique. On pourrait même croire que tout ce qu'il vient de m'arriver n'est qu'un rêve, et que je suis chez moi, dans mon lit.

    « Ne t'endors pas trop vite, petite fille, sinon tu ne vas plus t'amuser. »

    Sa voix me sort de mon état de pseudo-rêve. Cependant, je ne ressens aucune émotion. Pas de peur, pas de panique. Même pas de douleur, suite à mon magnifique plat réalisé plus tôt. J'ai l'impression d'être comme un pantin qu'il peut manipuler à sa guise. J'ai envie de lui dire qu'il me fiche la paix, mais aucun son ne sort de ma bouche. Je n'arrive même pas à ressentir de la colère envers ce type qui va faire de moi ce qu'il veut. Il se remet à rire. Il se moque de moi. Carrément.

    « Voyons petite fille. Calme-toi. Sinon tu ne sauras pas t'amuser comme il se doit. »

    J'en ai marre qu'il m'appelle petite fille. Et il me parle comme si je dois savoir ce qu'il va se passer. Il se met à ma hauteur, s'allongeant à côté de moi. Sauf qu'il ne s'allonge pas sur le dos, mais sur le côté. Et de façon à pouvoir m'observer. Un vrai sadique. Qui prend bien son plaisir à me torturer. Je sens peu à peu que mes forces reviennent. Pas assez pour pouvoir me casser de ce trou à rats. Mais juste assez pour pourvoir parler.

    « Ta mère a dû louper ton éducation, pour que tu ne sois pas galant avec les femmes ? Parce que là, tu m'excuseras, mais tu passes pour un pervers sociopathe ! »

    Je pense que j'ai dû l'étonner. Mais je ne peux pas voir son visage. Foutue ruelle sombre ! Il se met à rire à gorge déployée. Je crois que j'ai loupé ma seule chance de survie.

    « Des comme toi, il n'y en a pas deux au monde ! Tu me plais bien, petite fille. »

    Ou peut être pas. Qui sait. Je l'entends bouger à côté de moi. Ma fin est peut être toute proche. Pourtant, je ne regretterai pas ce que je viens de faire. Je me sens fière. Intérieurement. Je ferme les yeux. Je refuse de partir avec une dernière vision qui ne me plairait pas.

    Une main posée sur ma hanche me force à rouvrir les yeux. Le pervers s’est mis au dessus de moi. J'aurais été folle, je me serais mise à rire de la situation. Mais je ne suis pas folle. Je suis juste totalement zen. Un rayon de lune parvient finalement à filtrer, par je ne sais quel moyen. Et éclaire son visage.

    « Bienvenue dans mon monde, petite fille. »

    Et il m'embrasse. Les ténèbres m'emportent dans l'évanouissement.

    -

    « DRIIIIIIIIIIIIING ! » Fait mon réveil.


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